Un retable médiéval … créé au XIXe siècle

Ce grand retable semble avoir traversé les siècles. Pourtant, il n’a rien de médiéval : il a été installé en 1880, lors de la grande restauration néogothique de la collégiale.
L’ancien maître-autel baroque ne correspondait plus au goût de l’époque. Il fut vendu à une église de Maaseik, dans le Limbourg, où il existe toujours. Pour le remplacer, le doyen de Dinant fit appel à Jean-Baptiste Béthune, l’un des grands maîtres du néogothique belge.
Béthune dessina un retable inspiré des grands retables brabançons des XVe et XVIe siècles. Les sculptures furent confiées aux frères Léonard et Léopold Blanchaert, à Gand, tandis que le peintre liégeois Jules Helbig réalisa les panneaux peints. L’ensemble fut installé en 1880.
Regardez sa construction : au centre, des scènes sculptées prennent place dans des niches ; sur les côtés, des volets peints peuvent se refermer. C’est le principe même des grands retables des anciens Pays-Bas dont Béthune s’est inspiré.
Un détail, pourtant, n’a rien de médiéval : l’imposant tabernacle qui trône au centre. Au XVe siècle, le Saint-Sacrement était conservé dans une réserve eucharistique placée sur le côté du chœur. C’est à partir du XVIIe siècle que le tabernacle prend place au centre du maître-autel. Celui de Dinant, réalisé par l’orfèvre liégeois Wilmotte, est particulièrement monumental.